Le budget de l'UE après 2020: de nouveaux enjeux nécessitent de nouveaux crédits. La réduction des fonds alloués à la politique de cohésion représenterait un risque pour l’avenir de l’Europe  

Avec sa conférence sur le prochain cadre financier pluriannuel, tenue les 8 et 9 janvier, la Commission européenne intensifie les travaux sur sa proposition de budget de l’UE après 2020, qui devrait être présentée en mai. M. Karl-Heinz LAMBERTZ, président du Comité européen des régions, qui prend part au débat, relaie les préoccupations des régions et des villes par rapport à d’éventuelles réductions des ressources accordées à la politique de cohésion, le principal instrument d’investissement de l’Europe. Il attire également l’attention sur le danger que représenterait une Union européenne centralisée, divisée et insensible à la dimension territoriale.

«Voulons-nous vraiment d’une Europe où l’on réduit les formations pour les demandeurs d’emploi, les infrastructures pour un transport durable, l’efficacité énergétique pour le logement social, le haut débit pour les zones rurales ou les possibilités d’intégration pour les migrants?», demande M. Lambertz. «Si c'est ça la solution pour résoudre la quadrature du cercle du trou budgétaire que vont laisser le Brexit et les nouveaux besoins financiers en matière de défense, sécurité et migration, alors l’Union s’engage dans la mauvaise direction».

«Grâce aux réformes de 2014, la politique de cohésion est une politique innovante qui permet de relever les grands défis actuels que sont l’emploi, la compétitivité, le changement climatique, l’énergie et le haut débit», souligne le président du CdR, qui ajoute: «Investir dans la politique de cohésion, c'est investir dans les citoyens. Limiter la politique de cohésion mettrait en danger la construction européenne, en aggravant les divisions entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, les communautés urbaines et les communautés rurales.»

Le président du CdR invite également les États membres de l’Union européenne à fournir les ressources financières nécessaires à l’UE pour répondre aux nouveaux défis urgents, tels que la défense, la sécurité, les politiques sociales et la migration. Pour ce faire, il faudrait à la fois augmenter les contributions nationales et lever les vetos mis à l’introduction de nouveaux instruments de ressources propres tels que les taxes sur les émissions polluantes, les activités des grands acteurs de l’internet et les transactions financières.

À ceux qui avancent que l’Europe n’a plus besoin de politiques de subventions, M. Lambertz répond en attirant l’attention sur la chute constante des investissements publics dans la plupart des États membres. Selon lui, «la reprise des économies de l’UE constitue une chance et un risque. Si, pour la plupart des citoyens, le redressement n'est perceptible que dans les médias et les statistiques sans aucun effet dans leur vie quotidienne, leur frustration ouvrira la voie à une nouvelle vague de populisme et de nationalisme. Nous devons investir pour que tous les citoyens puissent tirer profit de la relance économique, dans les États membres les plus forts comme les plus faibles.»

#CohesionAlliance

En vue de plaider pour le renforcement de la politique de cohésion après 2020, le CdR, conjointement avec les principales associations territoriales de l’UE, a lancé la #CohesionAlliance, un mouvement de terrain ouvert à tous ceux qui estiment que la politique de cohésion de l’UE doit rester un pilier de l’avenir de l’Union européenne. Depuis son lancement en octobre de l’année dernière, l’Alliance continue d’attirer chaque jour de nouveaux signataires, notamment des autorités régionales et locales, des associations professionnelles, des universités, des syndicats et des groupes de réflexion.

Pour plus d’informations sur les initiatives, les déclarations et les documents de prise de position de l’alliance pour la cohésion (#CohesionAlliance), veuillez consulter le site https://cohesionalliance.eu.

Contact:

M. Pierluigi Boda

Tél. +32 (0) 473 851 743

pierluigi.boda@cor.europa.eu