L'Assemblée de l'UE des représentants régionaux et locaux
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Réformer l'UEM pour enrayer la montée de la pauvreté
​Commissioner Andor
Mise en œuvre de la garantie européenne pour la jeunesse, déficiences de la stratégie de l'Europe en faveur de la croissance, ou encore réforme de l'Union économique et monétaire (UEM), avec l'instauration de nouveaux instruments destinés à absorber les chocs cycliques: tels ont été les points les plus sensibles abordés lors du débat que László Andor, Commissaire européen responsable de l'emploi et des affaires sociales, a mené début avril avec les représentants des collectivités locales et régionales de l'UE.
 
Le Comité des régions (CdR) a exprimé sa profonde inquiétude sur les inégalités croissantes en Europe et la mise en application de la Stratégie de croissance de l'UE - Europe 2020 - notamment pour ce qui est de créer des emplois et faire reculer la pauvreté. Ces appréhensions ont été confirmées et reprises par le Commissaire Andor, lors de son intervention en plénière du Comité le 3 avril. Ce dernier a fait observer qu'il serait "extrêmement difficile d'atteindre" l'objectif-clé qui a été fixé en ce qui concerne le taux d'emploi, à savoir 75 % en 2020, étant donné que pour y parvenir, il faudrait que, d'ici la fin de la décennie, 16 millions de personnes supplémentaires décrochent un travail dans l'UE. Pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté, l'évaluation en cours révèle une situation encore pire. Après l'augmentation enregistrée ces quatre dernières années, c'est de 26,6 millions que l'Union devrait réduire le nombre de ses habitants menacés par la pauvreté pour atteindre l'objectif fixé.
 
Vu ce contexte, les dirigeants régionaux et locaux ont partagé l'analyse du Commissaire Andor sur la nécessité de passer à la vitesse supérieure concernant les initiatives actuelles de l'UE en faveur de l'emploi. Il importe aussi de dresser le bilan de la manière dont l'Europe a géré la crise, le but étant de s'assurer que face à des "chocs cycliques", elle n'adopte pas une ligne de conduite induisant "des coûts sociaux extrêmement élevés", qui seraient "inacceptables en son sein".
 
Cet aspect de la question a été souligné par la première vice-présidente du CdR, Mercedes Bresso (Italie, PSE), qui a souligné qu'un suivi approprié devait absolument être donné aux efforts importants que le Commissaire Andor a consentis afin d'instaurer un régime d'assurance-chômage au niveau de l'UE: "Il est impératif de surmonter, de toute urgence, tous les vetos et obstacles qui s'opposent au déploiement de la dimension sociale de l'UEM, tout comme à l'introduction du dispositif d'assurance-chômage de l'Union. Nous ne pouvons pas laisser les citoyens se débrouiller seuls pour affronter les effets de la crise et des réformes en cours." Mme Bresso a estimé que "si l'UE ne se montre pas capable de décider d'actions ambitieuses pour contrer le désenchantement croissant de ses citoyens, la propagande eurosceptique continuera à gagner du terrain, au grand dam de la démocratie européenne".
 
Pour ce qui est des mesures en cours, parmi toutes les politiques actives de l'emploi lancées dans l'UE c'est bien la garantie pour la jeunesse qui apparait comme l'une des plus ambitieuses. Le dispositif vise à garantir qu'une proposition d'emploi concrète soit offerte à tout jeune de moins de 25 ans dans les quatre mois suivant le moment où il a achevé son parcours d'éducation formelle ou est devenu chômeur. "Quelque 22 États membres ont déjà soumis leur plan national pour la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse." a expliqué László Andor. Et d'ajouter que "l'investissement consenti tourne aux alentours des 70 milliards d'euros, si l'on comptabilise les financements de l'UE et des États membres.
 
Les régions et les villes assument une mission primordiale pour cibler les interventions afin d'aider les jeunes sans emploi à s'insérer dans les marchés locaux du travail." C'est sur cette fonction qu'a mis l'accent Constance Hanniffy (Irlande, PPE), en faisant valoir que "les étudiants doivent impérativement acquérir les qualifications dont le marché a besoin, celles que les employeurs recherchent. Durant la crise, les décideurs politiques, au niveau de l'Europe comme des États membres, ont trop souvent omis de prêter attention à l'échelon local et régional. Aujourd'hui, il convient d'insuffler une dimension territoriale adéquate dans la stratégie de croissance de l'UE, afin que les collectivités régionales et locales puissent mieux concourir à la réalisation des visées nationales en la matière." Satu Tietari (Finlande, ADLE) a estimé pour sa part que la voie à suivre pour modifier les politiques de croissance en ce sens consistait à ajouter de nouveaux indicateurs régionaux au mécanisme de suivi actuel, tandis que pour Witold Krochmal (Pologne, AE), toutes les décisions, à quelque niveau que ce soit, devraient être prises en fonction d'une évaluation de l'effet qu'elles auront pour créer de l'emploi. Adam Banaszak (Pologne, CRE) a relevé que ce serait une tâche ardue que de susciter croissance et travail dans un contexte de vieillissement démographique et de déclin de la population active. La solution, a-t-il observé, ne consiste pas à se lancer dans une surenchère législative ou une augmentation des dépenses mais plutôt à "faire mieux avec moins", en commençant par améliorer la capacité des régions et des villes à absorber les ressources européennes. C'est le cas des ressources allouées par le Fonds social européen, dont la gestion a été l'un des points sur lesquels s'est focalisé le débat, en particulier pour ce qui est de l'approche centralisée qui est de mise dans certains États membres. À cet égard, le commissaire Andor a insisté sur l'évolution observée en France et en Pologne, dans le sens d'un renforcement du rôle dévolu aux régions.
 
 
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